L'ACCOMPAGNEMENT RELATIONNEL AVEC L'EAU
L'eau est un élément important de la vie. Pour en profiter dans les meilleures conditions possibles, diverses sortes de piscines ont vu le jour dans le tissu urbain. Ces piscines, véritables points d'eau domestiqués, apportent un bien être physique.
Il est recherché par les enfants dans le plaisir des jeux, par les adultes pour la relaxation, l'entretien de leur forme physique, le sport, par des professionnels pour qui l'eau est une véritable alliée.
Mais pouvoir aller dans l'eau n'est pas toujours chose facile. Parfois le manque d'autonomie, le handicap, l'âge, les "mauvaises expériences", freinent certains.
Un accompagnement est alors nécessaire. Il permettra alors d'accompagner toute personne non autonome et désireuse ou ayant besoin d'être sécurisée (bébé, jeune enfant, personne avec handicap, personne ayant peur, personne âgée,..). Pour ces personnes dépendantes l'approche dans l'eau doit se faire tout en douceur et sensibilité pour respecter leur intégrité. L'accompagnement relationnel avec l'eau® répond à ces attentes et à ces besoins d'animation. Objectifs poursuivis
Celui-ci permet à l'accompagnateur :
>d'affiner sa présence, sa manière d'être dans l'eau
>de faire appel à tous les potentiels et facultés de la personne accompagnée pour dépasser si besoin crainte et appréhension et répondre à ses envies de "faire seul"
>de sentir à "ne pas faire trop" ou "à la place de"
>d'être plus à l'aise dans le contact physique et développer un contact de qualité
>de travailler précisément et finement une approche corporelle par le tonus
>de prendre soin de soi pour prendre soin de l'autreLa possibilité d'oeuvrer dans l'eau, avec des principes relationnels mis en place pour ce type de public, apporte également beaucoup de sérénité hors de l'eau.
La relation de confiance qui peut s'établir avec celui qui accompagne, permet de vivre une rencontre confirmante. Elle donne à la personne accompagnée un sentiment, un vécu de lui-même comme "bon et capable", dans un accompagnement guidant, sécurisant, appelant à la mobilisation de ses aptitudes et ressources.
Personnes concernées
L'accompagnement relationnel avec l'eau® est appliqué lors de séances individuelles ou en petit groupe en piscine par :
les parents ou un professionnel auprès de bébé et jeune enfant.
les parents ou un professionnel auprès d'enfant avec handicap.
un professionnel auprès d'adulte en insécurité, de personne âgée.Organisation des séances
Les conditions optimales demandent une piscine (privée ou publique) avec une eau entre 30°-33° et une profondeur de 1,20m. Il n'y a pas de besoin en matériel particulier.
Les séances durent généralement entre 30 et 45 minutes.
Chaque accompagné est avec au moins un accompagnateur (parent, professionnel) lorsque qu'il n'a pas pieds ou que son équilibre n'est pas assuré. La formation
En compagnie de son enfant, un accompagnateur-parent se forme en pratiquant. Il a besoin d'une dizaine de séances environ pour se sentir autonome. Si besoin, des animations sans les enfants sont organisées pour mieux approcher, avec les parents, l'eau en toute aisance.
Pour les professionnels intéressés, il est dispensé des formations en stages intra, organisées à la demande d'un établissement et en stages inter, programmés par AQUANCE.
Pour chaque action de formation, une convention et des attestations de stage sont fournies.Contenu de l'accompagnement relationnel avec l'eau®
L'accompagnement relationnel avec l'eau® met en évidence 4 phases distinctes. La personne accompagnée et l'accompagnateur apprennent à les vivre ensemble.
Ces 4 phases sont :
Phase du giron
Phase de la poussée
Phase d'accompagnement
Phase de départ
Ces phases ont besoin d'être séparées pour être explicitées et que soient comprises les situations, les moments et périodes que traversent les personnes impliquées dans le processus de rencontre dans l'eau. Mais dans la réalité, elles se mélangent, ne se succèdent pas tout le temps dans un ordre précis. Et c'est parfois le passage de l'une à l'autre qui suscite le plus d'attention.
Phase du giron :
Cette phase est utilisée par l'accompagnateur ou l'accompagné à divers moments de la séance. Par exemple, c'est souvent au début des premières séances pour que chacun puisse bien trouver sa place, pour prendre le temps de sentir, d'expérimenter, de laisser mûrir. C'est aussi au cours de l'activité dans l'enchaînement des situations, lorsque l'un des deux n'ose pas ou bien lorsque cela va trop vite : pouvoir se (re)poser, revenir ; ...etc.
Pour l'accompagnateur, des notions comme : prendre le temps de s'installer, d'adopter des attitudes et des positions d'accueil sont travaillées. Tout en étant avec l'accompagné, il va chercher à se sentir bien dans l'eau et à beaucoup se déplacer(le corps le plus immergé possible, légèrement en arrière).
La recherche d'appuis sûr, pieds à plats, est très importante car ils permettent d'avoir la capacité de rester présent à l'autre en permanence.
Une autre notion importante est abordée : savoir se positionner dessous l'accompagné pour lui donner la possibilité, l'envie de se poser. Celui-ci aura ainsi la possibilité de ne plus s'agripper, se cramponner, ni d'être tenu et serré. La prise de conscience par l'accompagnateur de ses raideurs, fermetures, tensions éventuelles, contractions musculaires est une étape importante.
Pour un bébé ou jeune enfant valide ou porteur de handicap, l'attention est portée à la possibilité de pouvoir développer son sentiment de sécurité entre les bras de l'accompagnant. Immergé le plus possible dans l'eau, posé sur la poitrine de l'adulte, il va pouvoir progressivement se détendre, se déplier, jouer de ses bras, de ses mains et de tout son corps, et aussi vocaliser. Cette détente et cette sécurité nourriront son envie de vouloir et pouvoir explorer le monde extérieur.
Pour une personne adulte en insécurité, cette phase n'est pas à rechercher de suite. Elle n'a pas souvent la possibilité de se poser à cause du vécu de mauvaises expériences, de peurs ou d'une habitude de contrôler, de diriger ses actions et gestes dans l'eau. Des confrontations douces l'amènent d'un "ne pas pouvoir" à oser "pouvoir" sentir, lâcher ses contractions, s'ouvrir à celui qui peut la guider.
Phase de poussée :
Cette phase montre que, dans toute relation d'accompagnement avec des contacts corporels, il y a des forces en présences. "Le jeu " est de ne pas les utiliser contre l'autre mais de trouver une harmonie d'être avec l'autre. Il est important, pour l'accompagnateur et l'accompagné dans l'eau, de s'accorder sans s'opposer, car souvent l'un veut "aider à" et l'autre veut "pouvoir faire".
La liaison de ces 2 premières phases est en relation directe avec cet état particulier qui est de s'ouvrir à l'autre, l'entendre, le comprendre et l'accepter. A partir du moment où l'accompagné signifie que la relation dans laquelle il est doit s'élargir (regard vers l'extérieur, envie de se porter, de se tenir, .. etc.) l'accompagnateur à la possibilité de favoriser cette "ouverture" en lui permettant de se redresser et vivre ses "poussées"…l'accompagnateur à la possibilité de favoriser cette "ouverture"…L'accompagnateur découvre en lui-même un état tonique, sans contraction, qui lui permet de laisser se faire "la poussée" de l'accompagné jusqu'à son point d'équilibre. Cet état tonique est à la base de "la présence à l'autre" dans l'eau. Il permet de sentir que dans la relation d'accompagnement, l'ouverture doit être la plus présente possible pour pouvoir faire appel à tous les potentiels et capacités de la personne accompagnée.
Le bébé ou l'enfant, aura la possibilité de se mettre à la verticale, d'être face à son environnement. Il découvre ainsi et intègre son équilibre avec des points d'appuis qui sont proposés par l'adulte (de plus en plus bas du bassin jusque sous les pieds). Un bébé de quelques mois peut se tenir debout, en équilibre quelques instants, sur les mains de l'adulte. Cette position marque comme acquise la sécurité nécessaire pour être dans une relation claire d'échange avec l'accompagnateur. Lors de cette phase, l'enfant va aussi découvrir seul, le mouillage de la bouche et de la face.
L'enfant porteur de handicap, qui ne possède pas hors de l'eau les facultés de se tenir à la verticale, cherche, désire la station debout. Lorsque qu'il peut la trouver dans l'eau, il exprime beaucoup de joie. L'eau offre beaucoup de facilités pour qu'il puisse y arriver sans forcer, sans raideur, mais en faisant appel le plus possible à son tonus. Une personne adulte en insécurité (re)découvre la possibilité de pouvoir sentir et vivre "sa poussée". Cela lui redonne de l'aisance à habiter et mobiliser son corps. Le plaisir d'être dans l'eau, de gérer sa motricité va favoriser l'envie de vouloir être autonome.
Phase d'accompagnement :
Cette phase montre tout le plaisir de l'activité dans l'eau lorsque l'ouverture, la présence, et le ressenti "des poussées" sont bien en place.
Par rapport à l'équilibre de la phase de poussée, l'accompagné se met légèrement en déséquilibre.
Cela oblige l'accompagnateur à se mettre lui aussi beaucoup en mouvement, en marche.
Tous les deux n'ont pas d'autre choix et plaisir que de participer à "une danse aquatique". Ce n'est personne qui dirige, mais chacun doit tenir compte de l'autre, être dans une harmonie, dans un véritable dialogue tonique. Chacun est dans une réciprocité, c'est à dire, ouvert pleinement à l'autre.
L'accompagnateur prend confiance en lui et en ses possibilités à rester présent avec l'accompagné dans toutes les situations. Il ose avancer, jouer et perçoit bien dans son accompagnement les poussées, les mouvements, les gestes et "les envies" de l'autre. Ces dernières montrent que l'accompagné est actif, volontaire et sans arrêt en mouvement dans une activité ludique. Le bébé ou jeune enfant s'exprime surtout corporellement. Le parent qui s'engage physiquement avec son enfant dans l'accompagnement dans l'eau, lui offre une grande possibilité d'expérimenter des situations avec le corps. Il aime avoir une grande possibilité de jouer, de choisir, de toucher et de rencontrer d'autres personnes. L'enfant avec handicap perçoit bien le prolongement avec l'accompagnateur, et cela augmente ses sensations de liberté, de possibilité et de choix. Les voir en activité dans l'eau, avec plaisir, modifie leur image de personne dépendante et aide à porter un autre regard sur eux.La personne adulte en insécurité découvre et a du plaisir à réaliser des glissés sur l'eau qui la guident vers le détachement complet pour son autonomie.
Phase de départ :
Cette phase n'est pas un but à atteindre. Elle est un "possible" qu'offre l'eau, un vécu complet du détachement et d'une (certaine) autonomie. Elle peut être aussi un mûrissement, un temps venu utile à cette rencontre et à cet accompagnement. L'acceptation de ce moment de départ doit être commune. L'accompagnateur "est autorisé" progressivement à être de moins en moins présent dans ses contacts avec l'accompagné. Celui-ci lui adresse des signes moteurs(baisser la tête, s'incliner fortement vers l'avant, s'immerger le visage, etc.) qui l'invite à le laisser partir, seul quelques secondes au début, puis de plus en plus loin et longtemps.
L'accompagnateur perçoit de façon forte le détachement souhaité par l'accompagné. S'il le refusait, il reviendrait au contrôle des situations, au dirigisme et s'opposerait de plus en plus fortement aux envies de l'accompagné. La seule solution possible est donc d'oser le laisser aller plus loin dans sa volonté de recherche de sensations et de vécu. L'accompagnateur organise, participe activement a des situations progressives qui permettent le lâché de ses dernières réticences et apprend à être, avec ses propres sentiments, très à l'écoute de l'accompagné. Beaucoup de situations sont mises en pratique : accueillir celui qui arrive, ne pas le prendre ou le toucher avant qu'il nous touche, "aller vers soi" pour pouvoir être présent à l'autre au moment de cette rencontre, savoir lui redonner des appuis pour qu'il puisse repartir et nous quitter facilement, etc.Un bébé ou enfant accompagné, sentant une base et sa base, prend de plus en plus confiance en lui et petit à petit se sent capable de partir, de faire seul et vivre une certaine autonomie. Les sensations en seront encore plus grandes et l'eau l'attire vers cette liberté d'être. Il doit passer de ses appétences à ses compétences, c'est à dire de faire en sorte de savoir gérer, répondre à ses besoins en les vivant en toute sécurité : d'abord quelques secondes sur une courte distance, puis allonger le temps et agrandir l'espace.
Les échanges-départs avec l'enfant, d'abord de parent à parent, véritables objets affectifs, puis de parent à une autre personne ou au bord du bassin, rythment ces moments là. Un enfant avec handicap a souvent envie de s'immerger le visage et de se lâcher complètement dans l'eau. Même s'il ne porte pas sa tête, s'il n'est pas capable de mouvements coordonnés, son envie est là. Si l'accompagnateur sait le laisser progressivement partir sous l'eau, puis lui permettre de se reprendre pour repartir de nouveau, il favorise chez cet enfant un sentiment de bien être partagé.Une personne adulte qui était en insécurité ne saura toujours pas nager. Mais elle est capable, à cette phase dans l'eau, de quitter ses appuis, sans bloquer sa respiration, sans avoir l'impression de tomber ou se laisser aller puis de reprendre pieds facilement. Elle sait s'accompagner elle-même dans un tonus adéquat permettant les sensations, perception liées à son corps. Elle peut envisager d'apprendre une gestuelle de nage pour coordonner ses mouvements et trouver ainsi l'efficacité et la sûreté dans ses déplacements.
Pour tout contact : aquance@wanadoo.fr
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