Régime alimentaire ou plutôt changement alimentaire pour personne atteinte d'autisme
(Le parcours de l'enfant, le choix des parents)
C'est à 2 ans et demi que Dylan a été diagnostiqué autiste. Dès son plus jeune âge il me semblait que la nourriture jouait un rôle dans son comportement et que sa relation avec elle était très particulière. Il avait un peu plus d'une année quand il me refusait catégoriquement son biberon de lait. Lorsque je lui donnais à manger à la cuillère, il ne mettait jamais ses lèvres sur le bord de celle-ci mais il raclait le fond avec ses dents. Il a toujours détesté manger les choses molles types yaourts, purée, etc. Jusqu'à ses 7 ans, Dylan ne mangeait pratiquement aucun légume et aucun fruit, mais que des choses qui croquent ou qui ont une certaine consistance. Les conséquences sur son comportement étaient de l'hyperactivité, un manque de concentration, un sommeil perturbé (plusieurs heures d'agitation dans la nuit), des crises et des cris lancinants. Alors que Dylan rentrait dans sa 6ème année, je décidais de suivre un cours sur la prévention de la violence, qui d'ailleurs m'inquiétait beaucoup pour l'avenir; là je rencontre la maman d'un enfant autiste et une discussion sur l'alimentation s'ensuit. Elle m'explique qu'elle est en relation avec la présidente de l'Association "Hyperactif un enfant comme les autres" et là je me dis que si on arrive à calmer et recentrer les enfants hyperactifs à travers un régime pourquoi ne pas essayer avec nos enfants.
Suite à ça, je prends rendez-vous avec la présidente de cette association et elle m'explique qu'il faudrait d'abord, dans un premier temps, faire des analyses d'urine, de selles, de sang, qui vont vraiment déterminer le fonctionnement biologique de mon fils ou plutôt le désordre biologique. Il en est ressorti que Dylan, comme beaucoup de personnes atteintes d'autisme ou d'hyperactivité, souffrait d'une forte intolérance au gluten et à la caséine (gluten, blé, avoine, seigle, épeautre, et la caséine = protéine de lait), qu'il lui manquait des vitamines, des oligo-élements, des oméga 3 et 6. Et me voilà partie dans l'aventure du changement alimentaire, il faut savoir qu'il a fallu supprimer non seulement le gluten et la caséine mais également tous les additifs, les colorants, les phosphates et surtout rajouter tous les compléments. Au début cela paraît énorme mais finalement c'est juste une adaptation sur le plan des courses et de la cuisine. Les répercussions ont été flagrantes pour Dylan, il a enfin pu dormir des nuits entières au bout de 2 mois de changement alimentaire. Nous avons entrepris l'apprentissage de la propreté car ses selles devenaient consistantes alors qu'auparavant elles étaient liquides. Dylan découvrit et accepta de nouvelles saveurs à travers les fruits et les légumes. Il est devenu beaucoup plus calme, plus réceptif, regarde les gens dans les yeux, a même commencé à prononcer ses premiers mots.
En bref, pour Dylan et sa famille les améliorations on été non négligeables, même si ce n'est pas la recette miracle, j'encourage et je m'engage à renseigner et à soutenir tout parent qui désire s'engager dans la démarche d'un changement alimentaire pour son enfant.
Véronica Estivalis
Insieme Genève, bulletin No 180 juin 2004 |